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Faut-il investir en Bourse actuellement ? 55 ans de données

Par Jonathan Nowak · Publié le 2 novembre 2026 · Mis à jour le 2 novembre 2026 · 11 min de lecture

✅ Ce qu'il faut retenir
  • Depuis 1970, acheter le S&P 500 un jour de plus haut historique a rapporté en moyenne 9,4 % sur les 12 mois suivants, contre 9 % n'importe quel autre jour (J.P. Morgan, cité en août 2026) : le niveau de l'indice ne dit presque rien du rendement à venir.
  • Sur 2005-2024, un investisseur qui a placé 2 000 $ par an au pire jour de chaque année finit avec 151 343 $ ; celui qui a attendu en bons du Trésor finit avec 47 357 $ (Schwab). Le mauvais timing coûte peu, l'attente coûte tout.
  • Le MSCI World a perdu 40,33 % en 2008 et 17,73 % en 2022 (MSCI) : ces deux baisses ne viennent pas du même régime économique, et c'est le régime, pas le niveau, qui dit ce qui est fragile.
  • L'horizon décide de tout : la plus forte chute du MSCI World, −57,82 % entre octobre 2007 et mars 2009 (MSCI), a été effacée par ceux qui pouvaient attendre, et subie par ceux qui ont dû vendre.
  • Entrer par paliers plutôt qu'en une fois coûte en moyenne un peu de rendement (Vanguard, 2023) mais réduit le regret : c'est la logique des paliers que Jonathan Nowak applique à la vente, et qui vaut tout autant à l'entrée.

Faut-il investir en Bourse actuellement ? L’histoire répond que la date d’entrée compte beaucoup moins que l’horizon et le régime économique. Depuis 1970, acheter le S&P 500 un jour de plus haut historique a rapporté en moyenne 9,4 % sur les 12 mois suivants, contre 9 % n’importe quel autre jour (données J.P. Morgan, citées par The Motley Fool le 22 août 2026). Ce qui a coûté cher aux investisseurs, ce n’est pas d’être entrés au mauvais moment, c’est d’avoir attendu le bon : sur 2005-2024, celui qui a acheté chaque année au pire jour finit avec 151 343 $, celui qui est resté en cash avec 47 357 $ (Schwab). Reste une vraie question, que cet article traite : dans quel régime sommes-nous, avec quel horizon, et par quelle porte entrer.

Pourquoi « est-ce le bon moment ? » est-elle la mauvaise question ?

Parce que le niveau d’un indice ne prédit pas son rendement à venir. Un marché au plus haut n’est pas un marché « trop cher » : il inscrit des dizaines de records pendant chaque phase de hausse, et les rendements qui suivent ces records sont, en moyenne, légèrement supérieurs à ceux des autres jours.

Les chiffres tiennent sur une ligne. D’après J.P. Morgan, depuis 1970, le S&P 500 a rapporté en moyenne 9,4 % dans les 12 mois suivant un plus haut historique, contre 9 % après un jour ordinaire ; sur deux ans, 20,2 % contre 18,5 %. L’écart est faible, mais il est dans le sens inverse de l’intuition : les records n’ont pas annoncé la chute.

La même intuition se trompe dans l’autre sens. De 1926 à 2017, le S&P 500 a terminé l’année en hausse 68 fois sur 92, soit 73,9 % des années civiles (Ibbotson Associates/Morningstar, via First Trust). Attendre « une bonne année » pour entrer revient à parier contre une pièce truquée en votre faveur.

Plus haut historique (ATH) : niveau le plus élevé jamais atteint par un indice ou un actif. Contrairement à ce que suggère le mot, il ne dit rien sur la suite : un marché qui monte en inscrit par définition en série.

Ce que ces moyennes ne disent pas, et c’est tout l’objet de la suite, c’est quand elles se brisent. Un plus haut atteint en pleine expansion, avec une inflation stable et une banque centrale qui soutient, n’a rien à voir avec un plus haut atteint à crédit, pendant que les taux montent. La moyenne mélange les deux. Le régime les sépare. Sur ce point, le guide acheter au plus bas explique pourquoi viser le point bas est tout aussi vain que redouter le point haut.

Que coûte l’attente du « bon moment » ?

Beaucoup plus qu’un mauvais timing. Sur vingt ans, l’investisseur qui a choisi chaque année le pire jour pour acheter finit avec trois fois plus que celui qui n’a jamais acheté.

L’étude de Schwab est la plus parlante parce qu’elle est brutale. Cinq investisseurs fictifs reçoivent 2 000 $ par an de 2005 à 2024, à placer sur le S&P 500. Le premier devine chaque année le point bas exact : 186 077 $ à l’arrivée. Le deuxième achète le premier jour de l’année, sans réfléchir : 170 555 $. Le troisième étale en douze mensualités : 166 591 $. Le quatrième achète chaque année au plus haut, le pire jour possible : 151 343 $. Le cinquième attend le bon moment en bons du Trésor, et l’attend encore : 47 357 $.

Investisseur (2005-2024, 2 000 $/an)MéthodeCapital final
Timing parfaitAchète au point bas de chaque année186 077 $
ImmédiatAchète le 1ᵉʳ jour de chaque année170 555 $
MensuelÉtale en 12 versements166 591 $
Pire timingAchète au plus haut de chaque année151 343 $
En attenteReste en bons du Trésor47 357 $

Source : Charles Schwab, « Does Market Timing Work? », données 2005-2024.

Lisez l’écart entre les lignes. Entre le timing parfait, qui n’existe pas, et le pire timing, qui n’existe pas non plus, il y a 34 734 $ ; entre le pire timing et l’attente, il y a 103 986 $. Le marché punit trois fois plus l’absence que la maladresse.

Vanguard confirme la mécanique sur une période plus longue. De 1976 à 2022, les actions américaines ont fait mieux que le cash, mesuré par les bons du Trésor à trois mois, 76 % du temps (Vanguard, « Cost averaging: invest now or temporarily hold your cash? », février 2023). Le cash qui attend ne perd pas son capital ; il perd la prime de risque, et cette prime est précisément ce pour quoi on investit.

Il y a une exception, et elle est honnête : le cash n’est pas une erreur quand il est une position, décidée à partir du régime, avec une durée et une raison. C’est l’attente indéfinie, celle qui espère un signal que personne ne recevra, qui coûte 100 000 $ dans le tableau de Schwab.

Dans quel régime économique sommes-nous, et qu’est-ce que ça change ?

Le régime, pas le niveau de l’indice, dit ce qui est fragile. Deux variables suffisent à le lire : la direction de la croissance et la direction de l’inflation. Quatre cases, et dans chacune, les mêmes actifs ne se comportent pas pareil.

C’est la grille des quatre régimes économiques que Jonathan Nowak utilise comme lecture de base : expansion (croissance en hausse, inflation contenue), reflation, stagflation (croissance en baisse, inflation en hausse), déflation ou crise de crédit (les deux en baisse). Les deux grandes pertes récentes du MSCI World viennent de deux cases différentes. En 2008, l’indice a perdu 40,33 % dans une crise de crédit, avec une inflation qui s’effondrait ; en 2022, il a perdu 17,73 % dans une inflation qui montait pendant que les banques centrales relevaient leurs taux à marche forcée (MSCI, rendements bruts annuels). Même indice, même question « faut-il investir ? », deux réponses opposées sur ce qu’il fallait éviter : en 2008, le crédit et les banques ; en 2022, les valeurs de croissance chères et les obligations longues.

Dans sa vidéo du 24 août 2026 sur la chaîne YouTube Fructify, Jonathan Nowak résume la hiérarchie qu’il applique : la macroéconomie donne la direction, l’analyse graphique donne la précision. Un graphique seul ne justifie jamais une entrée. Il valide, ou invalide, une thèse construite sur le régime.

RégimeCroissanceInflationCe que la Bourse a faitExemple
Expansion↑→ ou ↓Hausse large, records en sérieAnnées 1990, 2023-2024
Reflation↑↑Hausse, mais rotation vers l’énergie, les matières, la valeur2021
Stagflation↓↑Baisse en termes réels, les obligations ne protègent pas1973-1974, 2022
Déflation / crédit↓↓Chute brutale, les obligations d’État protègent2008

Ce tableau ne vous dit pas quel régime est en cours au moment où vous lisez : il change, et un article daté qui prétendrait le fixer serait faux dans six mois. Il vous dit où regarder. Croissance : indicateurs avancés, emploi, bénéfices. Inflation : prix à la consommation, salaires, énergie. Liquidité : direction des taux et de la masse monétaire, qui précède souvent le reste. La rotation sectorielle donne un second indice, lisible dans les cours eux-mêmes : quand la défense (santé, consommation de base) surperforme la croissance, le marché a déjà commencé à changer de case.

Un investisseur qui sait dans quelle case il se trouve ne se demande plus « faut-il investir en Bourse actuellement ? ». Il se demande « dans ce régime, qu’est-ce qui est fragile, qu’est-ce qui est porté, et quelle part de mon capital je mets sur chaque ligne ». C’est une question à laquelle on peut répondre. L’autre, non.

Quel horizon faut-il pour investir en Bourse aujourd’hui ?

Assez long pour traverser une baisse complète sans être forcé de vendre. Le pire épisode du MSCI World a duré seize mois à la descente, puis des années à la remontée ; votre horizon doit contenir les deux.

Le chiffre à garder : −57,82 %, la plus forte chute du MSCI World, du 31 octobre 2007 au 9 mars 2009 (MSCI, fiche de l’indice net en dollars). Ceux qui n’avaient pas besoin de cet argent ont vu l’indice revenir, puis dépasser son niveau d’avant-crise. Ceux qui ont dû vendre en 2009, pour un apport, une perte d’emploi, un divorce, ont transformé une baisse temporaire en perte définitive. Même marché, même date d’entrée, deux destins ; la seule variable, c’est la capacité d’attendre.

L’arithmétique aggrave le cas. Une baisse de 50 % exige une hausse de 100 % pour revenir à l’équilibre, comme le détaille l’article sur l’asymétrie des pertes. À −57,82 %, il faut +137 % pour revenir au point de départ. C’est la raison pour laquelle la question de l’horizon passe avant celle du moment : un horizon court vous expose à devoir réaliser la perte au pire moment ; un horizon long vous laisse le temps que le +137 % se produise.

Jonathan Nowak pose quatre conditions pour qu’une position reste tenable dans une baisse marquée, détaillées dans émotions et investissement : un horizon long, un capital non vital, une conviction sur des actifs solides, et ne pas regarder son portefeuille tous les jours. Il reconnaît aussi, sans détour, que tenir lui est plus facile qu’à d’autres : entré en 2016 quand le bitcoin valait moins de 1 000 $, il dispose d’une marge que n’a pas celui qui entre aujourd’hui. L’honnêteté impose de le redire ici : la capacité à tenir est une condition matérielle avant d’être une vertu. Avant « quand », la question est « avec quel argent ». Le profil décrit dans investir en bon père de famille part de là.

Comment entrer en Bourse maintenant sans parier sur le timing ?

Par paliers, avec un plan écrit, et en acceptant de perdre un peu de rendement moyen en échange de beaucoup de regret en moins. C’est la logique que Jonathan Nowak applique à la vente, avec la prise de profit par paliers, et qui vaut tout autant à l’entrée : jamais tout d’un coup.

Vanguard a mesuré le prix de cette prudence. Sur le MSCI World de 1976 à 2022, investir une somme en une fois a battu un étalement sur trois mois dans 68 % des cas, avec un avantage médian d’environ 2,2 % sur un an pour un portefeuille 100 % actions (Vanguard, février 2023). Autrement dit, l’étalement perd un peu, le plus souvent. Mais la même étude note que dans les pires marchés, c’est l’étalement qui limite la casse, et que les investisseurs très sensibles à la perte préfèrent, à juste titre pour eux, l’étalement. Vanguard recommande dans ce cas un étalement court, trois mois environ, pour ne pas laisser le cash dormir trop longtemps.

Trois règles pratiques, qui ne dépendent pas de la date :

  1. Fixez la durée du déploiement avant le premier achat. Trois mois, six mois, douze : ce qui compte, c’est que la date de fin existe. Un étalement sans fin est une attente déguisée, et on a vu ce que coûte l’attente.
  2. Ne rattrapez pas un couteau qui tombe. Jonathan Nowak attend une zone de consolidation et des signes de retournement durable avant d’accumuler, parce qu’« un −80 % peut en cacher un autre ». Pour juger qu’un mouvement tient, la règle des 7 jours donne un filtre simple : un niveau franchi en séance est une information, un niveau tenu une semaine est un signal.
  3. Gardez une poche de cash qui a un rôle. Pas du cash qui attend un signal, du cash prévu pour les queues de distribution, les jours où le marché offre un prix que personne ne veut. La différence tient dans le plan : le premier n’en a pas, le second en a un.

Entre nous, la méthode n’a rien d’héroïque : elle revient à admettre qu’on ne saura jamais si c’est le bon moment, et à construire une façon d’entrer qui n’a pas besoin de le savoir. C’est moins glorieux qu’un achat au point bas. C’est aussi la seule chose qui se reproduit.

Ce qu’il faut retenir avant de décider

La Bourse ne demande pas de deviner le moment ; elle demande de répondre à trois questions dans l’ordre. Dans quel régime sommes-nous, et qu’est-ce qui y est fragile. Avec quel argent, et pour combien de temps. Par quelle porte, et sur quelle durée.

Les chiffres de cet article disent tous la même chose, de 1926 à 2024 : le niveau de l’indice le jour de l’entrée a pesé marginalement, le régime a décidé des pertes, l’horizon a décidé de qui les a subies, et l’attente a coûté plus que toutes les maladresses de timing réunies. « Faut-il investir en Bourse actuellement ? » n’a pas de réponse. « Comment construire une position qui traverse le prochain régime ? » en a une, et la diversification par cycles décalés en est le premier étage. Les autres guides du pilier investir prennent la suite.

⚠️ Contenu à visée éducative et informative. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé ni une incitation à acheter ou vendre un actif. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Investir dans les crypto-actifs comporte un risque de perte partielle ou totale du capital.

Questions fréquentes

Faut-il investir en Bourse actuellement ou attendre une baisse ?

L'histoire ne récompense pas l'attente. Sur 2005-2024, l'investisseur qui a acheté le S&P 500 au pire jour de chaque année finit avec 151 343 $, contre 47 357 $ pour celui qui est resté en bons du Trésor (Schwab). La bonne question n'est pas « maintenant ou plus tard » mais « dans quel régime, avec quel horizon, et par quelle méthode d'entrée ».

Faut-il investir en Bourse en 2026 ?

L'année n'est pas le bon critère. Depuis 1970, les 12 mois qui suivent un plus haut historique du S&P 500 ont rapporté 9,4 % en moyenne, contre 9 % après n'importe quel autre jour (J.P. Morgan). Ce qui change le résultat, c'est le régime économique en cours (croissance et inflation), votre horizon et la façon dont vous entrez — pas le millésime.

Est-ce le bon moment d'acheter en Bourse quand les indices sont au plus haut ?

Un plus haut historique n'est pas un signal de danger en soi : les indices en inscrivent des dizaines pendant une phase de hausse, et les rendements moyens qui suivent sont comparables à ceux de n'importe quel jour (J.P. Morgan, données depuis 1970). Ce qui mérite attention, c'est le régime qui porte cette hausse : croissance avec inflation stable, ou hausse à crédit sur une inflation qui remonte.

Quand est prévu le prochain krach boursier ?

Personne ne le sait, et ceux qui donnent une date se trompent presque toujours. Ce qu'on peut faire, c'est repérer les conditions qui ont précédé les grands krachs — valorisations extrêmes, resserrement monétaire, courbe des taux inversée — et adapter son exposition au régime, sans attendre une date. Notre article sur la protection contre un krach détaille ces signaux.

Vaut-il mieux investir d'un coup ou étaler ses achats ?

Sur le MSCI World de 1976 à 2022, investir en une fois a battu un étalement sur trois mois dans 68 % des cas (Vanguard, 2023), avec un écart médian d'environ 2,2 % sur un an pour un portefeuille 100 % actions. L'étalement perd un peu en moyenne mais protège contre le pire scénario et contre le regret : c'est un choix de tempérament, pas une erreur.

Combien de temps faut-il garder un placement en Bourse ?

Assez longtemps pour traverser une baisse complète. La plus forte chute du MSCI World, −57,82 %, a couru d'octobre 2007 à mars 2009 (MSCI), et il a fallu plusieurs années ensuite pour revenir au niveau de départ. Un capital dont vous aurez besoin dans moins de quatre ou cinq ans n'a pas la durée nécessaire pour absorber ce type d'épisode.

Faut-il investir en Bourse ou dans l'immobilier ?

Ce ne sont pas deux réponses à la même question. La Bourse offre la liquidité (on vend en un clic) et la diversification au prix de la volatilité ; l'immobilier offre l'effet de levier du crédit au prix de l'illiquidité, des frais d'entrée et de la concentration sur un seul bien. Beaucoup de patrimoines robustes combinent les deux, selon l'horizon et la capacité à supporter une baisse visible chaque jour.

Que faire si le marché baisse juste après mon entrée ?

Rien, pendant au moins sept jours : c'est la règle qu'applique Jonathan Nowak face à une chute brutale, le temps que la volatilité retombe et que le néocortex reprenne la main sur la peur. Ensuite, on relit le régime : si la croissance et la liquidité tiennent, la baisse est une respiration ; si elles se retournent, c'est l'exposition qui doit être revue, pas la date d'entrée.

Les rendements passés garantissent-ils ceux à venir ?

Non, et c'est précisément pourquoi cet article parle de régimes plutôt que de moyennes. Une moyenne de 9 % par an cache des années à −40 % et des années à +25 %. L'histoire ne promet aucun rendement ; elle montre quelle erreur a coûté le plus cher, et c'est l'attente indéfinie, loin devant une mauvaise date d'entrée.

Et vous, où partent votre temps et votre argent ?

Dix questions, une minute. À la fin, une analyse bâtie sur vos réponses — pas un document type que tout le monde reçoit.

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