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Bear market : définition, durée et comment le traverser

Par Jonathan Nowak · Publié le 7 octobre 2026 · Mis à jour le 7 octobre 2026 · 10 min de lecture

✅ Ce qu'il faut retenir
  • Un bear market, ou marché baissier, désigne par convention une baisse d'au moins 20 % d'un indice large depuis son dernier sommet ; entre 10 % et 20 %, on parle de correction.
  • Le S&P 500 a connu 27 marchés baissiers depuis 1928, d'une durée moyenne de 289 jours, soit environ 9,6 mois, pour une perte moyenne de 35 % (Hartford Funds, Ned Davis Research).
  • Les trois derniers grands marchés baissiers achevés du bitcoin, ceux qui ont suivi un sommet de cycle, ont duré entre 12 et 14 mois, avec des baisses de 77 % à 85 % du sommet au creux.
  • Entre son record du 5 octobre 2025 et le 30 juin 2026, le bitcoin a perdu 53 % en clôture ; au 3 octobre 2026, il restait 32 % sous ce record (FRED, cours Coinbase).
  • Six des dix meilleures séances du S&P 500 entre 2006 et 2025 sont survenues dans les deux semaines suivant l'une des dix pires (J.P. Morgan Asset Management).

Un bear market est une baisse d’au moins 20 % d’un marché depuis son dernier sommet. Sur le S&P 500, il a duré en moyenne 289 jours depuis 1928, pour une perte moyenne de 35 % ; sur le bitcoin, les trois derniers grands épisodes achevés ont duré de 12 à 14 mois, avec des chutes de 77 % à 85 %. Ces chiffres rassurent moins qu’ils n’en ont l’air : un marché baissier ne s’annonce pas, et sa fin ne se reconnaît qu’après coup.

Qu’est-ce qu’un bear market ?

C’est un marché baissier : une période où les cours reculent durablement et où le pessimisme domine. La convention retient un seuil de 20 % de baisse depuis le dernier sommet, mesuré sur un indice large et non sur une seule valeur.

Bear market : un bear market, ou marché baissier, est une période pendant laquelle un indice large recule de 20 % ou plus depuis son dernier sommet. La SEC, le régulateur américain, précise : sur au moins deux mois.

En dessous de ce seuil, entre 10 % et 20 %, on parle de correction. La différence a une conséquence concrète. Au printemps 2025, le S&P 500 a reculé de 18,9 % en clôture entre le 19 février et le 8 avril : une correction sévère, mais pas un marché baissier au sens strict, alors que le Nasdaq Composite, lui, a franchi les 20 %.

Quant à l’ours, il vient d’un proverbe. D’après le dictionnaire Merriam-Webster, on appelait au XVIIIe siècle « marchand de peaux d’ours » celui qui vendait un titre qu’il ne possédait pas encore, en pariant sur sa baisse, comme on vend la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Le taureau, bull, a été choisi ensuite pour lui faire face. L’ours était donc là le premier, ce qui en dit long sur le tempérament des marchés.

Combien de temps dure un bear market ?

En Bourse, moins d’un an en moyenne, et bien moins longtemps que les phases de hausse. Mais la dispersion est telle que la moyenne ne décrit presque aucun épisode réel.

Deux sources donnent des chiffres proches avec des méthodes différentes :

  • Hartford Funds, d’après Ned Davis Research : 27 marchés baissiers du S&P 500 depuis 1928, perte moyenne de 35 %, durée moyenne de 289 jours. Les marchés haussiers durent en moyenne 988 jours, soit 2,7 ans.
  • First Trust, sur la période 1942-2026 et dividendes inclus : 11,1 mois et −31,7 % en moyenne pour un marché baissier, 4,4 ans pour un marché haussier.

Le détail des épisodes récents montre ce que cachent ces moyennes :

Marché baissier du S&P 500Baisse en clôtureDurée de la baisseDu sommet au nouveau record
Mars 2000 → octobre 2002−49 %929 jours2 623 jours, environ 7 ans
Octobre 2007 → mars 2009−57 %517 jours1 997 jours, environ 5 ans et demi
Février → mars 2020−34 %33 jours181 jours
Janvier → octobre 2022−25 %282 jours746 jours, environ 2 ans

Source : Yardeni Research, FRED. Indice hors dividendes.

La troisième colonne mesure la chute. La quatrième mesure ce que vit réellement un épargnant entré au sommet : le temps passé sous son prix d’achat. Elle est toujours plus longue, et c’est elle qu’un horizon de placement doit couvrir. Les épisodes les plus violents, de 1929 à 2008, sont détaillés dans l’anatomie des grands krachs boursiers.

Un bear market crypto est-il différent ?

Oui, par l’ampleur. Là où un marché baissier d’actions coûte en moyenne un tiers de la valeur, ceux du bitcoin en ont coûté les trois quarts ou davantage. La durée, elle, a été étonnamment régulière.

Marché baissier du bitcoinSommet → creux (clôtures)BaisseDurée
2013-20151 151 $ → 178 $−85 %406 jours
2017-201819 650 $ → 3 183 $−84 %364 jours
2021-202267 510 $ → 15 756 $−77 %378 jours
2025-2026, au 3 octobre 2026124 720 $ → 58 586 $−53 %268 jours

Sources : FRED (cours Coinbase, série CBBTCUSD) depuis 2015, CoinMarketCap pour 2013-2015.

Ce tableau ne retient que les grandes baisses qui ont suivi un sommet de cycle. Appliqué à la lettre, le seuil de 20 % en compterait d’autres, bien plus courtes : entre le 13 avril et le 20 juillet 2021, le bitcoin a perdu 53 % en clôture en 98 jours, avant d’inscrire un nouveau record dès octobre de la même année.

La dernière ligne reste ouverte. Le bitcoin a clôturé à son plus bas le 30 juin 2026, puis a rebondi : au 3 octobre 2026, il cotait 84 814 dollars, soit 32 % sous son record de clôture. Rien ne permet de dire si le creux de juin restera le point bas de l’épisode. C’est toute la difficulté décrite dans bull market ou simple rebond : une reprise de prix ne dit pas, à elle seule, dans quel régime de marché on se trouve.

Deux particularités aggravent le cas des cryptomonnaies. Le retour au sommet est long : le record de décembre 2017 n’a été dépassé en clôture que le 30 novembre 2020, celui de novembre 2021 le 4 mars 2024. Surtout, tous les actifs ne reviennent pas. Selon une étude de CoinGecko mise à jour en avril 2026, 53,2 % des cryptomonnaies référencées sur GeckoTerminal entre mi-2021 et fin 2025 ont cessé d’être échangées, soit 13,4 millions de jetons, pour l’essentiel de très petits projets. Un indice finit par se relever ; un jeton isolé, pas forcément.

Comment savoir si un bear market est terminé ?

On ne le sait qu’avec retard, parce qu’un point bas ne se distingue d’une simple pause qu’une fois le marché reparti. La convention parle de nouveau marché haussier après un rebond de 20 % depuis le creux, mais ce seuil a souvent été franchi avant de nouvelles rechutes.

Les analystes du marché crypto s’appuient sur des indicateurs qui situent une zone, jamais un jour :

  • Le MVRV Z-score compare la capitalisation du bitcoin à sa capitalisation « réalisée », qui valorise chaque bitcoin au prix de son dernier déplacement sur le réseau, une approximation du prix de revient des détenteurs. Il sert à évaluer si le marché est cher ou bon marché par rapport à ce prix de revient.
  • Le Fear & Greed Index mesure le sentiment sur une échelle de 0, peur extrême, à 100, avidité extrême, à partir, notamment, de la volatilité, des volumes et des réseaux sociaux.
  • Les Hash Ribbons suivent la puissance de calcul du réseau pour repérer les périodes où les mineurs, à perte, arrêtent leurs machines.

Aucun ne donne de signal certain, et ils se contredisent régulièrement. Dans sa vidéo YouTube du 24 août 2026, Jonathan Nowak passait en revue sept indicateurs : six plaçaient le plus bas dans le passé, le septième disait l’inverse. La condition qu’il disait attendre pour conclure avec le plus de probabilité tenait en une phrase : « ce n’est pas une target de prix, c’est une durée ». La logique est la même que pour confirmer une cassure : un niveau franchi un jour ne prouve rien, un niveau tenu dans le temps commence à dire quelque chose.

Accumuler en bear market : que disent les données ?

Elles disent deux choses qui semblent se contredire. Investir une somme en une fois a fait mieux, le plus souvent, que l’étaler ; mais l’étalement protège contre l’erreur qui coûte le plus cher, celle d’abandonner son plan au pire moment.

Vanguard a mesuré l’écart en 2023 sur l’indice MSCI World, de 1976 à 2022 : sur un an, l’investissement en une fois a battu l’investissement étalé sur trois mois dans 68 % des cas. La raison est simple, les marchés montent plus souvent qu’ils ne baissent. La même étude note que l’étalement limite la perte et le regret en cas de forte baisse, ce qui aide les investisseurs les plus sensibles aux pertes à tenir leur plan.

Investissement programmé (DCA) : l'investissement programmé, ou dollar-cost averaging, est une méthode qui consiste à investir le même montant à intervalles réguliers, quel que soit le prix, au lieu d'engager toute la somme en une seule fois.

Le mécanisme joue surtout quand les cours baissent, et plus encore sur un actif capable de perdre 80 % : des entrées étalées se font à des prix différents, dont certains sous le prix de départ. Personne ne sait situer le creux : étaler ses entrées revient à accepter de ne pas tomber juste, pour ne pas tomber complètement faux. C’est l’idée de raisonner en zones plutôt qu’en points, développée dans acheter au plus bas. Elle a une contrepartie, celle que rappelle l’étude de CoinGecko : moyenner à la baisse un actif qui ne reviendra pas ne fait qu’augmenter la perte.

Ce passage décrit des méthodes et des études. Il ne constitue pas un conseil : le rythme, les montants et les actifs dépendent d’une situation que seul l’épargnant connaît.

Quelles erreurs coûtent le plus cher en marché baissier ?

Trois, et toutes sont des erreurs de comportement plus que d’analyse : sortir après la baisse, emprunter pour se refaire, et concentrer sa mise.

Sortir après la baisse. Les meilleures séances arrivent collées aux pires. D’après J.P. Morgan Asset Management, six des dix meilleures journées du S&P 500 entre 2006 et 2025 sont survenues dans les deux semaines suivant l’une des dix pires. Dividendes réinvestis, un investisseur resté investi sur toute la période a obtenu 11,0 % par an ; celui qui a manqué ces dix journées, 6,6 %. Le mécanisme est détaillé dans vendre dans la panique.

Emprunter pour se refaire. L’effet de levier transforme une baisse temporaire en perte définitive, puisque la position est soldée d’office avant que le marché ait eu le temps de remonter.

Tout engager d’un coup, sur un seul actif. C’est cumuler le risque de calendrier et le risque de disparition. La plupart des projets qui parlent le plus fort au sommet d’un cycle ne sont plus là pour le suivant, et leurs comptes sur les réseaux sociaux non plus.

Ces trois erreurs ont la même racine, celle que Jonathan Nowak résumait dans sa vidéo YouTube du 22 août 2026 : « Faut pas utiliser ses émotions dans l’investissement, faut utiliser la stratégie. »

Quelles sont les limites de ces repères ?

Les statistiques sur les marchés baissiers décrivent le passé avec précision, et l’avenir très mal.

  • Les moyennes dépendent du découpage. Ned Davis Research compte 27 marchés baissiers depuis 1928 ; d’autres méthodes en comptent moins, en fusionnant des épisodes rapprochés.
  • Le bitcoin n’offre que trois grands épisodes achevés. Une régularité observée trois fois est une coïncidence possible, et elle disparaît si l’on compte aussi les baisses plus courtes, comme celle du printemps 2021. Le marché a changé depuis, avec l’arrivée des ETF et des investisseurs institutionnels.
  • Les indices survivent, les titres non. Toutes les durées de récupération citées concernent des indices ou le bitcoin. Elles ne s’appliquent pas à une action ou à une cryptomonnaie prise isolément.
  • Le seuil de 20 % est arbitraire. Une baisse de 19 % et une baisse de 21 % font le même effet sur un relevé de compte.

Ce que le marché baissier demande vraiment

Un bear market se traverse avant de se comprendre. Les données historiques disent qu’il dure, en moyenne, bien moins longtemps que les phases de hausse, qu’il coûte en moyenne un tiers de la valeur en Bourse et bien davantage en crypto, et que ses meilleures journées se cachent au milieu des pires.

Elles disent aussi ce qu’il exige : un horizon plus long que le délai de récupération, une épargne dont on n’a pas besoin entre-temps, et un plan écrit avant la baisse plutôt que pendant. La suite de la grille se trouve dans le pilier Comprendre les cryptos.

⚠️ Contenu à visée éducative et informative. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé ni une incitation à acheter ou vendre un actif. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Investir dans les crypto-actifs comporte un risque de perte partielle ou totale du capital.

Questions fréquentes

Un bear market, c'est quoi ?

Un bear market, ou marché baissier, est une période de baisse durable des cours. Par convention, on en parle quand un indice large recule de 20 % ou plus depuis son dernier sommet ; le régulateur américain, la SEC, ajoute une durée d'au moins deux mois. Entre 10 % et 20 % de baisse, il s'agit d'une correction. Ces seuils sont des usages de marché, pas des définitions juridiques.

Combien de temps dure un bear market en Bourse ?

Environ neuf à onze mois en moyenne sur le S&P 500, selon la méthode de calcul : 289 jours d'après Ned Davis Research depuis 1928, 11,1 mois d'après First Trust depuis 1942. Les écarts sont énormes : 33 jours en 2020, plus de trente mois entre 2000 et 2002. La moyenne situe un épisode, elle ne prédit pas la durée du suivant.

Combien de temps dure un bear market crypto ?

Les trois derniers grands marchés baissiers achevés du bitcoin ont duré de 12 à 14 mois entre le sommet et le creux : 406 jours en 2013-2015, 364 jours en 2017-2018, 378 jours en 2021-2022. Du sommet au nouveau record, il a fallu de deux ans à un peu plus de trois ans. Des baisses de plus de 20 % bien plus courtes ont aussi existé, comme les 98 jours du printemps 2021. Trois épisodes ne font pas une règle, et rien n'oblige le suivant à s'y conformer.

Le bitcoin est-il en bear market en 2026 ?

Il a traversé une baisse qui en a la définition : −53 % en clôture entre le 5 octobre 2025 et le 30 juin 2026, selon les cours Coinbase publiés par FRED. Au 3 octobre 2026, il restait 32 % sous son record. Savoir si le creux de juin est le point bas définitif n'est possible qu'après coup.

Comment savoir si un bear market est terminé ?

On ne le sait qu'avec retard. Par convention, un nouveau marché haussier commence quand l'indice a repris 20 % depuis son creux, mais plusieurs marchés baissiers ont connu des rebonds de cette ampleur avant de rechuter. Les indicateurs de valorisation et de sentiment aident à situer une zone, pas un jour. La durée pendant laquelle une reprise tient est un critère plus solide que son ampleur.

Qu'est-ce qu'accumuler en bear market ?

C'est répartir ses entrées dans le temps pendant une phase de baisse, plutôt que d'investir en une fois. Une étude de Vanguard publiée en 2023 montre que l'investissement en une fois a fait mieux 68 % du temps sur un an, mais que l'étalement limite le regret en cas de forte baisse. L'étalement ne protège pas d'un actif qui ne se relève pas : moyenner à la baisse ne fait alors qu'augmenter la perte.

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